11 juillet 2016

Hibou

HIBOU,
un film de Ramzy Bedia
avec Ramzy Bedia, Élodie Bouchez, Lucie Laurier.
Sortie le 6 juillet au cinéma.


Synopsis :

Rocky est un homme discret. Il est heureux mais n’existe dans le regard de personne. Un soir en rentrant chez lui, il découvre un hibou “Grand Duc” sur son canapé qui le fixe intensément. Il comprend qu’il doit agir. Le lendemain, arrivé à son bureau, il revêt un déguisement de hibou sans que personne n’y prête la moindre attention. Jusqu’au jour où il rencontre une panda...



Critique de Farès :

De nombreuses personnes peuvent se retrouver dans le personnage du film Hibou.

A ceux qui n’ont jamais pu s’intégrer dans un groupe, à ceux qui ont du mal à se faire entendre, à ceux qu’on oublie pour fêter des occasions… alors ce film est pour vous !



Rocky, interprété par Ramzy Bedia qui a mis 4 ans a réalisé ce film, travaille dans une société avec peu de salariés. Malgrés les pauses déj avec eux, les relations au travaiul, il se sent toujours seul.
Dans les couloirs, la rue, aux magasins, les dialogues avec lui sont toujours courts et se résume à des « salut » « oui ça va et toi »

Il est toujours en attente à ce qu’on engage la conversation avec lui mais cela n’arrive quasiment jamais.
Il rentre tous les soirs chez lui de façon monotone en espérant un lendemain meilleur.

Puis un jour, un hibou apparaît dans son appartement. Il essaie de le faire fuir mais en vain, celui-ci reste stoïque.
Puis jours après jours, le hibou persistant dans son appartement, les gens ne le voyant toujours pas, alors il décide de lui ressembler.


Le personnage déambule en costume d’Hibou dans les rues, et le plus étonnant, c’est que personne ne s’en rend compte, il reste toujours Rocky.

Au début, le film est à la fois comique et touchant car on imagine cette situation arriver à bon nombre de personnes. On aimerait surtout n’avoir jamais été dans cette position.
Cetta partie du film est inétéssante et réelle car elle est un phénomène de société qui peut amener des conséquences plus ou moins grave et différentes.

Cependant, lorsque le personnage endosse le costume d’hibou pendant un long moment, on s’y perd parfois.
Etant un grand fan d’humour d’Eric & Ramzy, je n’ai pas pu tout saisir sur la finalité de ce film, le choix du hibou entre autre.
Le réalisateur prend un malin plaisir à nous faire deviner ce qui se passe, les humeurs, les réactions.

Le personnage Rocky disparaît et existe à travers le hibou.




J’aurais aimé que l’on insiste sur la 1ére partie du film, ou qu’on y revienne à la fin, sans costume, ce qui donne un élan de réalité.



La bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=BYwkFfYZ03c

Hibou au parc https://www.youtube.com/watch?v=cI7y7D3IjjQ

06 juin 2016

Ultimo tango

Ultimo Tango de German Kral
Avec María Nieves, Juan Carlos Copes


L'avis de Elsa Ballanfat :
Entre le documentaire et la fiction, Ultimo Tango décrit l’aventure tumultueuse du plus grand couple de danseurs de tango, María Nieves et Juan Carlos Copes. Il retrace la façon dont Juan a emporté le couple vers le succès et la reconnaissance de leur danse des États-Unis jusqu’au Japon.

On est bouleversé par ce film qui n’est pas seulement un long métrage sur la danse, mais surtout une leçon de vie. María Nieves se confie à la caméra, dans ses marches à travers Buenos Aires, se remémorant ses débuts dans le tango et surtout cette rencontre décisive avec Juan Carlos Copes. Elle se rappelle le jeune homme maladroit, surnommé un « chariot », c’est-à-dire un mauvais danseur, aperçu un soir, retrouvé un an plus tard. La rencontre est fusionnelle, mêlant l’art à l’amour, la perfection aux sentiments. María, très présente tout au long du film, rend à la danse son sens oublié : danser était le plaisir des pauvres. Petite elle n’avait pas de quoi jouer, alors elle dansait avec un ballet ; dès le début, le tango se vit comme un besoin absolu, il devient tout quand on n’a rien.



Juan incarne ce tout : il a la danse, mais aussi l’esprit, il se fait une idée précise du tango, qu’il veut porter à travers le monde, ce qu’il fera avec elle. La femme, la danseuse María Nieves, révèle alors tous ses visages au gré de leurs danses. Trompée, humiliée lorsqu’elle découvre que Juan a eu un enfant d’une autre femme, elle évoque tous les tabous d’une société : le jugement négatif porté sur une femme aujourd’hui vieille qui n’a pas eu le temps d’avoir d’enfants dans sa carrière, l’intériorisation par les femmes de la domination masculine et du machisme. Après s’être considérée comme toujours inférieure à Juan, María étonne les jeunes danseuses qu’elle rencontre lorsqu’elle leur apprend que nul homme ne mérite les larmes d’une femme. On se laisse alors prendre par le rythme des séquences très habilement filmées et montées : le couple est incarné par des acteurs qui correspondent à ses différents âges. Le réalisateur a choisi de montrer ces séquences d’époque en exhibant leur aspect ʻʻremontéʼʼ : on voit les danseurs en tenue de répétition, on apprécie de les observer dans leur travail. Le réalisme souvent mauvais qui accompagne les costumes et musiques d’époque est ainsi évité.



Ce film est un hymne à la vie et à la danse. María, femme blessée, a tiré de la danse une force et une joie éblouissantes. À quatre-vingts ans, elle continue de danser. On découvre dans ce besoin un véritable remède aux douleurs de la vie : danser apprend à donner et pardonner, c’est-à-dire à donner par-delà ses limites, à par-donner ; à atteindre ce don de soi qui permet d’accepter et de surmonter tout, avec humanité. Après leur séparation artistique, María découvre qu’elle peut être elle-même sans plus dépendre de l’ombre d’un homme. Elle ne regrette rien, tandis que Juan confie aux danseurs qu’il mourra avec le tango. C’est une façon d’être, entier, qui se révèle à travers ce superbe portrait croisé d’artistes. C’est aussi une époque de l’art qui est mise en lumière : tandis que les jeunes danseurs cherchent à être virtuoses, María rappelle qu’à leur début, Juan et elle dansaient avec simplicité, loin de la performance, dans la poursuite de leur passion et des mille couleurs sentimentales qui animaient leur danse.
On est profondément ému par ces êtres rayonnants pour qui la vie est digne et généreuse jusqu’au bout.


La bande annonce : sur youtube

03 juin 2016

Dans les forêts de Sibérie


Dans les forêts de Sibérie. 
Réalisé par Safy Nebbou, avec Raphaël Personnaz. 
En salle le 15 Juin 2016.



Critique de Elsa Ballanfat :

Teddy, un jeune homme d’une trentaine d’années, décide de s’installer quelques temps en Sibérie sur les bords du lac Baïkal et y passe finalement un an. Le livre se veut l’adaptation du journal tenu par Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie, lors de son voyage.




Le spectateur est tout de suite pris par l’enthousiasme qui anime Teddy dans sa découverte du lac : le plaisir de rouler sur l’épaisse couche de glace dans une vieille camionnette, de crier dans le silence des montagnes qui bordent le lac. Cependant, nous avons rapidement le sentiment que le film est coupé en deux.

La première partie est fidèle à Sylvain Tesson : le voyage de Teddy n’est pas un coup de folie ni une envie de fuir la société comme le laissait penser Into the Wild, il répond à un désir de vivre intensément chaque instant. La voix off le dit bien, dans cette nature sauvage encore, il est possible de posséder le temps. Dans le rythme des villes, tout nous échappe ; mais ici, le personnage peut s’exclamer : « je suis libre, parce que mes jours sont libres. » Teddy, qui reprend parfois les paroles du journal de Tesson, est ainsi présenté comme un jeune homme ayant eu le courage de démissionner et de croire qu’il n’est pas impossible de vivre sans le confort ni la sécurité de l’emploi.

Cependant, la seconde partie du film est très librement adaptée, et il devient un peu gênant qu’il porte le nom du livre étant donné le peu de rapports qu’il entretient avec lui. Une histoire d’amitié se noue entre Teddy et Aleksei, un coupable réfugié dans la Sibérie pour échapper à la prison. Ce personnage apporte un contrepoids, il souhaite retourner en ville quand Teddy ne cherche qu’à rester dans la nature, présentant les paradoxes politiques et sociétaux de notre temps. Mais nous nous interrogeons sur le sens de cette histoire, des scènes de chasse, de la visite un peu rocambolesque de l’ours, qui apparaissent comme les ingrédients d’un film commercial ou conventionnel pour un projet qui ne l’était pas. La voix off de Teddy surgit de nouveau à la fin du film et nous aurions aimé le voir davantage vivre seul dans cette cabane. C’était un réel défi pour la réalisation que de filmer la solitude : avec ce scénario, le réalisateur l’a en partie manquée ou évitée. Il reste cependant la réelle envie de liberté en quittant son fauteuil, à condition de ne pas perdre à l’esprit que Tesson, voyageur averti, ne partait pas à l’improviste…



La bande annonce : sur youtube
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