04 janvier 2018

La Promesse de l'aube


Adaptation du roman de Romain Gary dans laquelle l'auteur raconte son histoire, et notamment le lien avec sa mère, une femme aimante mais à fort caractère, ce qui a eu une grosse influence sur sa vie.



Alors qu'il n'est encore qu'un enfant, leur famille est pauvre, elle est une femme seule, cible de moquerie, et elle promet à ses voisins que Romain deviendra plus tard un grand écrivain, général de l'armée et ambassadeur de France. Cette soif de vengeance, la mère l'a transmise à son fils, et par amour pour sa mère il va tout faire pour satisfaire ses attentes.



D'un coté, cette relation exclusive etait malsaine, car ce pauvre Romain a subit le poids d'un amour démesuré : sa mère ne laissait aucune femme s'interposer entre Romain et elle, car bien sûr aucune d'entre elles ne le méritait. Lui n'avait pas son mot à dire et passa de nombreuses années (voir sa vie entière) à lutter pour atteindre son rêve à elle, et ainsi la venger.
D'autre part, cet amour est si fort, bienveillant, que rien ne peut l'égaler.
Il n'est pas bon d'être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ca vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c'est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours.
Après cela, chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d'amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu.
Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous côtés, il n'y a plus de puits, il n'y a que des mirages. Vous avez fait, dès la première lueur de l'aube, une étude très serrée de l'amour et vous avez sur vous de la documentation. Partout où vous allez, vous portez en vous le poison des comparaisons et vous passez votre temps à attendre ce que vous avez déjà reçu.

Sans cet amour, sans ce conditionnement maternel, la vie de Romain aurait été toute différente. Peut-être pas moins heureuse, mais certainement moins remarquable.
Une note de 9/10 pour les émotions, les larmes, les très bons acteurs, et on pardonnera certains passages qui paraissent un peu trop romancés pour être crédibles (assassinat de Hitler, explosion d'avion, atterrissage à l'aveugle...)

18 juillet 2017

120 battements par minute



Un film de Robin Campillo
Avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel



Synopsis :

Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale.
Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean.




Mon avis :



Le film est très prenant. Nous sommes au coeur de l'association d'Act Up, assistons aux Assemblées Générales avec les militants, et partons en opération avec les activistes.
La plupart sont déjà touché par la maladie, et savent que leurs heures sont comptées.
Mais la concience de la mort qui approche donner une envie supplémentaire de profiter de la vie, de s'engager dans le combat sans retenue, malgré les risques de recevoir des insultes, de se faire arreter ou matraquer..




Les personnages sont hauts en couleur, bien décidés à faire influencer le gouvernement et les organismes étatiques de santé, à faire connaitre leur combat du grand public.
Leur énergie, leur fougue, leur joie de vivre est communicative.





Au casting, la plupart des noms sont inconnus. Seule Adèle Haenel fait figure d'exception puisque qu'on l'a vue -et appréciée- dans Les Ogres, L'Apollonide, Déchaînées, Une heure avec Alice).
Un fois encore elle a rôle à de rebelle, forte en gueule comme en conviction.


Ce film donne envie de s'impliquer dans le monde associatif, et donne un bon apercu de la vie dans la communauté homosexuelle parisienne des années 1990. Nous ne sommes pas dans le cliché des orgies echangistes, sado-mazochistes, sans être non plus dans le puritanisme.
Nous sommes juste avec des individus normaux, avec leurs sentiments, leurs parcours, leurs envies, leurs remords, leurs relations.

C'est réaliste, engagé et touchant. Je recommande.


La bande-annonce :



En salle le 23 août 2017

01 juillet 2017

Grand froid


Grand Froid
de Gérard Pautonnier
avec Jean-Pierre Bacri, Arthur Dupont, Olivier Gourmet


Synopsis
Dans une petite ville perdue au milieu de nulle part, le commerce de pompes funèbres d’Edmond Zweck bat de l’aile.
L’entreprise ne compte plus que deux employés: Georges, le bras droit de Zweck, et Eddy, un jeune homme encore novice dans le métier.
Un beau matin, pourtant, un mort pointe son nez.
L’espoir renaît. Georges et Eddy sont chargés de mener le défunt jusqu’à sa dernière demeure.
Mais, à la recherche du cimetière qui s’avère introuvable, le convoi funéraire s’égare et le voyage tourne au fiasco.




Mon avis :
Le film manque un peu de rythme au début. A l'image du belge dans son resto chinois, on s'ennuie un peu, on se demande ce qu'on fait la. Le décor glacial nous fait penser à un mix entre Bienvenue chez les Chtis et le Fargo des frères Cohen



Malgré tous les efforts (et pas seulement vestimentaire) d'Oliver Gourmet. Il n'y a pas énormement d'alchimie entre Bacri et lui, qui sont deux caractères forts.
Je pense qu'il faut à Bacri un partenaire "victime" qui lui sert de catalyseur, qu'il peut rendre coupable de ce qu'il ne va pas, car c'est bien son mécontentement qui fait son charme.

Le film commence réellement a partir du départ du convoi.
Le rythme, la tension, tout y est. La sauce prend bien également entre Bacri et Arthur Dupont. Son jeune chauffeur est parfait dans le rôle de celui qui est dépassé par les évenements, et qui subbit un Bacri plus que jamais de mauvaise foi.



Cette seconde partie est nettement plus drôle, en temoignent les éclats de rires dans la salle.

Quand au rebondissement en fin de film, c'est bien vu.. mais je n'en dis pas plus pour ne pas vous gacher la suprise.

On a finalement passé un bon moment.


La bande annonce :



Au cinéma le 28 juin 2017
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